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Colonisation israélienne: Clinton au Caire pour tenter de rassurer le camp arabe (Cyberpresse 04/11/2009)
LE CAIRE — Hillary Clinton est arrivée mardi soir au Caire pour une rencontre avec le président égyptien Hosni Moubarak, une visite annoncée à la hâte au moment où la chef de la diplomatie américaine fait face à des critiques dans le monde arabe au sujet de la colonisation israélienne.
Mme Clinton devait aussitôt s'entretenir avec son homologue égyptien Ahmed Aboul Gheit et le chef des services de renseignement, Omar Souleimane.
Elle doit rencontrer ce mercredi M. Moubarak dont le pays, en paix avec Israël depuis trente ans et fidèle alliée des Etats-Unis, est fréquemment sollicité par Washington pour son influence jugée modératrice au Proche-Orient.
La secrétaire d'Etat est engagée dans une difficile explication de texte après des propos tenus samedi à Jérusalem qualifiant de "sans précédent" une offre israélienne de gel partiel de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés, au lieu du gel total réclamé normalement par Washington. Elle a annoncé avant sa venue au Caire que la politique américaine demandant un arrêt de la colonisation était "claire", en soulignant qu'elle aurait pu être plus explicite dans ses propos sur cette question.
"Je pense que le président (Barack) Obama était totalement clair. Il voulait un arrêt de toutes les activités de colonisation" dans les territoires palestiniens occupés, a-t-elle dit à la télévision du Qatar Al-Jazira.
La question des colonies est l'un des principaux obstacles à la reprise du dialogue entre Israël et les Palestiniens, interrompu il y a près d'un an et que Washington s'efforce à grand peine de relancer.
Bien que le ministre des Affaires étrangères palestinien Riyad al-Malki se soit déclaré "satisfait" par les déclarations "corrigées" de Mme Clinton, les craintes restaient fortes chez les Palestiniens et dans le monde arabe. Mme Clinton, qui a ajouté en dernière minute l'étape cairote à son voyage devant normalement s'achever au Maroc, a rencontré à l'aéroport l'émissaire américain pour le Proche-Orient George Mitchell.
"Nous considérons toujours le dossier du Proche-Orient avec un sentiment d'urgence", a expliqué son porte-parole aux journalistes à bord de l'avion l'amenant au Caire.
"Attendre n'est jamais bon, parce que quand il y a un vide, il ne manque pas de gens désireux de l'utiliser pour détruire les efforts", a ajouté Philip Crowley. Le voyage de Mme Clinton est "dans la continuité de l'engagement de l'administration Obama de s'occuper du problème depuis le premier jour. Sans cet effort, les choses pourraient aller de mal en pis".
L'entourage de Mme Clinton avait tenté de dissiper le sentiment que son voyage au Caire était dicté par l'urgence de calmer la polémique.
"Nous avons toujours pensé qu'il était important dans la région de parler à l'Egypte, qui est un acteur clé du processus de paix", a indiqué un haut responsable américain voyageant avec Mme Clinton. M. Aboul Gheit, cité par l'agence égyptienne Mena, a indiqué que l'Egypte voulait entendre les éclaircissements de Mme Clinton.
"Nous voulons les entendre directement et par la suite évaluer la situation", a-t-il dit après avoir apporté son soutien à la position des Palestiniens qui exigent un arrêt total de la colonisation avant de reprendre les négociations de paix avec Israël, ce que ce pays refuse. Selon lui, le Caire veut des garanties de Washington pour assurer les Palestiniens que les négociations "ne seront pas une perte de temps ou utilisées pour réaliser des objectifs israéliens".
Israël de son côté a prévenu qu'une politique de fermeté à son égard sur la question des colonies ne mènerait à rien. Pour le vice-ministre des Affaires étrangères Danny Ayalon "essayer de mettre (Israël) au pied du mur" n'est "pas la bonne approche".
De Samer AL-ATRUSH
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