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L'opposition réclame le départ de la junte militaire (Euroinvestor 04/11/2009)
Les dirigeants de l'opposition en Guinée ont réclamé mardi le départ de la junte militaire au pouvoir au lendemain d'un appel du président putschiste, le capitaine Moussa Dadis Camara, pour un dialogue direct avec ses opposants.
"La solution à la crise en Guinée passe par le départ de la junte militaire, cela est incontournable", a déclaré le président des Nouvelles forces démocratiques (NFD, collectif d' l'opposition) Mamadou Mouctar Diallo, à l'issue d'entretiens à Ouagadougou avec le président burkinabé Blaise Compaoré.
Ce dernier, nommé médiateur dans la crise guinéenne par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), a qualifié la situation de "préoccupante sur bien des plans" à l'issue d'une séance de travail avec une délégation des "forces vives" de ce pays.
"J'ai fait le constat, à leur écoute, que la situation reste préoccupante sur des bien des plans, politique, économique, sécuritaire, respect des droits humains, et qu'il faut réellement s'engager pour une solution rapide de sortie de crise en Guinée", a-t-il déclaré à la sortie de la première séance de négociations.
Blaise Compaoré a demandé aux "forces vives" de "fixer (dans un document) leurs pensées et leurs idées sur les grandes questions centrales pour la sortie de crise".
TENSIONS ENTRE CAMARA ET SON N°2
Lundi soir, le capitaine Camara, qui a adopté un profil bas depuis la tuerie du 28 septembre dans un stade de Conakry qui a fait près de 160 morts selon une ONG locale, est intervenu à la télévision pour tendre la main à l'opposition.
"La Guinée est un pays indépendant et le peuple guinéen est un peuple libre, maître de sa destinée", a-t-il déclaré en se référant aux pressions de la communauté internationale. "Personne, je dis bien personne, ne peut s'arroger le droit de dicter ses conditions".
Les Etats-Unis, l'Union européenne et l'Union africaine ont décrété des embargos sur les armes et des restrictions aux déplacements depuis la fusillade du 28 septembre contre des manifestants pacifiques, imputée à la garde présidentielle.
La sécurité s'est détériorée ces derniers jours dans la capitale, théâtre d'une vague de vols à main armée visant des diplomates et des cadres d'entreprises. Les artères de Conakry sont toujours patrouillées par l'armée malgré l'interdiction officielle du port d'armes.
On signale aussi des tensions au sein même du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte) entre le capitaine Camara et son n°2, le général Sékouba Konaté.
Lundi, le ministre de la Communication, Tibou Kamara, a démissionné, devenant le quatrième responsable de haut niveau du régime à jeter l'éponge depuis le carnage du 28 septembre.
par Saliou Samb
(avec Mathieu Bonkoungou à Ouagadougou, version française Eric Faye et Jean-Loup Fiévet)
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