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Report de la libération des prisonniers marocains du Polisario (L'Express 22/07/2005)
La République arabe sahraouie démocratique (RASD) a déclaré, mercredi, que la libération des quelque 400 prisonniers marocains détenus par le front Polisario, annoncée, a été renvoyée sine die et n'aura pas lieu, "tant que nos militants et les manifestants de notre Intifada pour l'indépendance continuent d'être torturés et de croupir dans les geôles du roi".
Le président de la RASD, Mohamed Abdelziz, avait récemment annoncé, sans donner de date, la libération prochaine de tous les prisonniers de guerre marocains détenus par le Polisario, invitant les autorités du Royaume chérifien à faire de même.
"Rabat joue avec le feu et menace la paix dans la région. Madrid qui est responsable de la situation actuelle au Sahara occidental doit assumer pleinement ses responsabilités historiques et cesser de se cacher derrière les Nations unies qui doivent, elles, jouer pleinement leur rôle et sortir de leur silence", a dit le diplomate sahraoui, au cours d'un point de presse à Alger.
Le royaume marocain, "qui réprime sauvagement, depuis le 21 mai dernier, les Sahraouis qui manifestent pour revendiquer pacifiquement notre indépendance, est passé à un stade supérieur de sa barbarie", a t-il estimé, soulignant que la "contre- manifestation" organisée mardi à Al Ayoun "vise à dévier l'attention de l'opinion publique marocaine et internationale de la répression contre les Sahraouis et de la campagne d'arrestations de nos militants des droits humains".
"Des centaines de sujets de sa majesté, 5.000 selon l'agence de presse marocaine (MAP), affilés aux services de sécurité marocain ou à l'armée et encadrés par des délégués politiques dépêchés de Rabat, ont été mobilisés pour défiler dans les rues des quartiers chics de la capitale sahraouie, drapés pour la circonstance, en boubous, notre tenue traditionnelle", affirme Mohammed Beissat.
Le responsable sahraoui a vigoureusement dénoncé "ce pas en avant" marocain dans la pression psychologique contre son peuple, qui sera, dit-il, "lourd de conséquences", défiant Rabat, qui a organisé cette "mascarade" d'El Ayoun et qui qualifie les partisans du Polisario dans les territoires occupés de "groupuscules" et de "minorité insignifiante", d'accepter la tenue d'un référendum d'autodétermination comme le lui recommandent le Conseil de sécurité et la communauté internationale.
"Mohamed VI, qui multiplie arrestations, tortures, intimidations, jugements iniques et quadrillage de nos villes doit savoir qu'il n'a pas 36 choix au Sahara et qu'il ne pourra pas jouer indéfiniment avec le feu sans se brûler. Il doit ou accepter la tenue et rapidement d'un référendum d'autodétermination ou organiser un génocide de notre peuple comme celui que les Indonésiens ont organisé au Timor-Est", a encore dit M. Beïssat.
Il a invité les Nations unies à sortir de leur mutisme "injustifiable" pour ne pas être condamnées par l'histoire comme ce fut avec le cas du Rwanda et promis aux responsables de l'armée et de la police marocaines une traduction tôt ou tard devant les juridictions internationales "pour crimes contre l'humanité".PANAPRESS
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